L'essentiel en 3 points
1. Les postes de développeur se raréfient, sans licenciements massifs pour l'instant : l'IA donne d'abord beaucoup de travail, celui de l'absorber.
2. Une fois la transition faite, il faudra moins de monde pour produire autant. Le développement n'est que le début : infrastructure, data, support, finance, RH, marketing suivront.
3. Le répit viendra des projets devenus rentables. Mais une question reste ouverte pour chaque dirigeant : à qui doivent profiter les jours gagnés ?
Avec Claude Code et Codex, il y avait quand même un indice dans le nom : le métier du code, le développement, allait être parmi les premiers touchés.
Et depuis six mois, quelque chose m'interpelle. Je regarde régulièrement les offres qui correspondent à mon profil : les postes dans le développement sont devenus très rares.
Ce n'est pas une statistique. C'est mon observation du marché.
Et pourtant, bizarrement, je ne vois pas encore de licenciements massifs.
J'ai ma petite idée du pourquoi.
Pour l'instant, l'IA nous donne énormément de travail, parce qu'il faut justement absorber l'IA.
Mettre en place des agents, revoir les processus, connecter les systèmes, préparer les données, adapter les architectures, expérimenter de nouvelles façons de travailler.
Si demain un développeur peut produire ce qui nécessitait auparavant deux, trois ou quatre personnes, les entreprises ne vont probablement pas nous offrir une semaine de un ou deux jours.
Elles auront simplement besoin de moins de développeurs.
Il existe heureusement un mécanisme qui peut nous donner du répit.
Si un projet qui coûtait 100'000 CHF n'en coûte plus que 30'000, des projets jusqu'ici impossibles ou non rentables vont devenir possibles.
Moins cher, donc plus de projets, donc plus de demande.
Mais pendant ce temps-là, l'IA continuera elle aussi de progresser.
Claude Code sait déjà très bien configurer un serveur et diagnostiquer un problème système. Les métiers de l'infrastructure et de l'exploitation sont donc eux aussi concernés.
Puis viendront de plus en plus la data, le support, la finance, les RH, le marketing, l'administration, sans compter l'évolution rapide de la robotique pour les tâches manuelles.
L'adoption réelle de l'IA dans les entreprises est encore relativement faible. Mais elle arrive.
Et la question n'est peut-être plus : « Est-ce que l'IA peut faire mon métier ? »
Mais plutôt : « Combien de collègues faudra-t-il demain dans mon métier ? » Qui aura la chance de passer à la semaine de zéro jour ?
Il reste une autre question qui me travaille. Si un projet vendu hier 100 jours peut demain être réalisé en 30 jours, à qui doivent profiter les 70 jours gagnés ?
Ce sera sûrement mon prochain article.
L'IA ne décide pas seule de ce que deviennent les gains qu'elle produit. Ce sont des choix de direction, et mieux vaut les faire avant qu'ils ne se fassent par défaut.
1. Où le travail se déplace-t-il ? Quels métiers de votre entreprise voient déjà leurs tâches changer : développement, infrastructure, support, finance, administration ?
2. Qui absorbe la transition ? Mettre en place des agents, revoir les processus et préparer les données demande du temps. Est-il prévu, ou pris sur le travail courant ?
3. Quels projets deviennent rentables ? Si un projet coûte trois fois moins cher, lesquels sortent du tiroir ? C'est ce que les économistes appellent l'effet rebond : la baisse du coût fait monter la demande.
4. À qui profitent les jours gagnés ? Au client par le prix, à la marge, aux équipes par la formation ou le temps libéré, à de nouveaux projets ? Une réponse explicite vaut mieux qu'un partage subi.
5. Quelles compétences préparer ? Qui forme-t-on aujourd'hui pour les rôles de demain, et sur quelles tâches réelles ?
Ce sont exactement les arbitrages que pose une gouvernance de l'IA : partir des ambitions de l'entreprise, décider où investir le temps gagné, et mesurer ce que cela rapporte.

Samuel Arnod-Prin, architecte de données et d'IA chez Agilbility. 27 ans à concevoir des plateformes orientées données pour Swatch Group, LVMH, Richemont et l'EPFL. Son profil →
Décider où l'IA crée de la valeur et à qui profitent les gains : priorités, critères d'investissement et d'arrêt, à partir de vos ambitions.
Découvrir →le service qui répondQuand les projets coûtent moins cher, le choix devient décisif : un portefeuille piloté par l'impact, pour investir le temps gagné là où il rapporte.
Découvrir →Préparer votre organisation ? Écrivez-nous ou prenez 30 minutes →
Les offres de postes en développement se raréfient déjà, sans licenciements massifs pour l'instant, car l'intégration de l'IA crée elle-même beaucoup de travail. À terme, si un développeur produit le travail de deux à quatre personnes, les entreprises auront besoin de moins de développeurs pour un même volume.
L'infrastructure et l'exploitation d'abord, puisque des assistants comme Claude Code savent déjà configurer un serveur ou diagnostiquer un problème système. Puis la data, le support, la finance, les RH, le marketing et l'administration, et la robotique pour les tâches manuelles.
Oui, par effet rebond : si un projet qui coûtait 100'000 CHF n'en coûte plus que 30'000, des projets jusqu'ici non rentables deviennent possibles, ce qui augmente la demande. Mais l'IA continue de progresser pendant ce temps.
C'est un choix de direction : au client par le prix, à la marge, aux équipes par la formation ou le temps libéré, ou à de nouveaux projets. Le décider explicitement évite un partage subi, et c'est l'un des arbitrages d'une gouvernance de l'IA.
Des cas concrets, des chiffres, des gestes applicables lundi. Sans blabla.